Salafisme Archives - Secours de France https://www.secoursdefrance.com/tag/salafisme/ Aider ceux qui ont tant donné à la France Mon, 17 Nov 2025 21:29:11 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9 https://www.secoursdefrance.com/wp-content/uploads/2024/05/cropped-Secours-de-France-Favicon-01-32x32.png Salafisme Archives - Secours de France https://www.secoursdefrance.com/tag/salafisme/ 32 32 Adieu Soulayman de Bruno Guillot https://www.secoursdefrance.com/adieu-soulayman-de-bruno-guillot/ Fri, 14 Nov 2025 21:07:38 +0000 https://www.secoursdefrance.com/?p=26423 Ce livre, sous-titré « Itinéraire d’un immam salafiste », n’est pas seulement le récit de l’itinéraire exceptionnel de son auteur, Bruno Guillot, jeune Français vivant à Charleroi ; il est aussi et surtout précieux par « la connaissance qu’il nous donne de l’islam de l’intérieur », comme l’a écrit l’un de nos donateurs, Daniel Cadet. Toutes ses affirmations sont confortées par les sourates du Coran concernées par le sujet traité.

L’adhésion…

Le jeune Bruno, fuyant « la misère affective qui planait à la maison » et fragilisé, à 15 ans, par les moqueries et le dégoût de soi que suscitent « les pustules répugnantes » provoquées par le traitement d’un eczéma sévère, trouve auprès de jeunes marocains camarades de football et de leur famille la chaleur qu’il ne sentait pas dans la sienne, « indifférente par ailleurs à toute question spirituelle ». Ses amis marocains, avec l’accueil, lui font découvrir l’islam auquel il se convertit très vite avec enthousiasme.

Pour apprendre l’arabe il part au Caire, avec son épouse et sa fille, au Centre islamique de langue arabe réservé aux étrangers, avec pour objectif d’être admis à l’Université de Médine. Il l’est en 2009 ; la qualité de son arabe et son éloquence font qu’il est autorisé à y faire venir sa famille. Il rejoint 300 « condisciples » pour six années d’études. L’un de ses professeurs, le jugeant d’un niveau exceptionnel, lui enjoint d’apprendre le coran par cœur (en arabe bien sûr) et de commencer à prêcher.

La consécration arrive avec la demande de prêcher à Jeddah, devant 2000 personnes, lors d’une réunion organisée par le gouvernement saoudien pour « casser la vague d’apostasie qui s’abat sur le pays, entraînant avec elle une montée de l’athéisme et une multiplication des conversions au christianisme ». L’écho de son intervention lui vaut d’être pris en charge par un riche saoudien et de découvrir le luxe… ce que sa femme et lui apprécient !

Un an avant la fin de ses études, un appel de sa mère lui apprend que son père a une tumeur au cerveau et qu’il lui faudrait venir rapidement s’il veut le revoir vivant. Malgré le refus du directeur de l’université de l’autoriser à partir, il le fait, avec la volonté de faire découvrir Allah à son père, pour lui éviter l’enfer promis aux mécréants. À sa grande émotion, celui-ci l’accueille avec une chaleur qu’il ne lui a jamais témoignée – « te voilà enfin rentrée ma brebis » – formule qui, après sa conversion, quelques années plus tard, lui évoquera la parabole du Christ sur l’accueil de l’enfant prodigue. Sa mère lui apprend qu’en effet son père s’est converti et que, malgré son corps abîmé, l’athlète qu’il était est désormais apaisé face à la mort.

… La désillusion…

Profondément troublé, il repart pour sa dernière année à Médine, où on lui explique que, ses études terminées, il devra quitter le pays ; l’investissement considérable fait sur lui doit être rentabilisé : « Il faut impérativement retourner en Europe et prêcher l’islam. » Plusieurs raisons l’incitent d’ailleurs à partir : le souvenir traumatisant du pèlerinage à la Mecque auquel il avait été invité et où, suite à un accès fermé, des centaines de personnes sont piétinées dans des mouvements de foule (il y aurait eu « 90 000 morts en 14 ans de pèlerinage ») ; les applications de la charia qu’il a vues : décapitation des criminels et mutilation des voleurs devant une foule en liesse et surtout, deux demandes en mariage de sa fille de 8 ans, la première dans une mosquée par un homme de 43 ans ayant déjà deux femmes et une solide fortune, la deuxième par un de ses amis étudiants qui lui rappelle « notre parfaite législation sur le mariage des petites filles… et celui de Mohamed, le modèle suprême, avec Aïcha », consommé alors qu’elle avait 9 ans !

Il s’installe à Tanger où il est un professeur d’arabe reconnu et dispense des cours de récitation du Coran. Mais les attentats islamistes en Belgique et son parcours personnel amènent les autorités marocaines à lui signifier son départ du Maroc. Amer, il est de retour à Charleroi où on ne lui propose pas de poste correspondant à son niveau, et où sa vie va basculer lorsque lui paraît évidente la falsification de la crucifixion de Jésus dans le Coran, pour lequel « ils ne l’ont ni tué, ni crucifié, mais c’était un faux-semblant » (sourate 4, v. 157), alors que selon « le célèbre historien athée Bart Ehrman : l’un des faits les plus certains de l’histoire est que Jésus à été crucifié sur ordre du préfet romain de Judée, Ponce Pilate ».

… Vers la conversion

Jointe à la découverte de l’inexistence de La Mecque du temps de Mohamed, ville où il est censé être né et avoir vécu de longues années, aux sentiments mêlés que lui a laissés l’Arabie saoudite, aux mots de son père en fin de vie, cette certitude le convainc qu’il n’est plus musulman et qu’il lui faut rechercher si la vérité n’est pas du côté de la foi catholique. Quand le bruit de son apostasie se répand, durant quelques jours ses amis s’efforcent de le faire revenir sur cette décision insensée, puis viennent intimidations, injures, et fatwa.

« J’ai tout perdu en quittant l’islam : l’argent mis à ma disposition de façon illimitée, mes amis de longue date, la reconnaissance, le respect, ma femme. Et pourtant j’ai tout gagné… Toute la vérité du ciel se résume à ce simple verset : Dieu est amour. Aujourd’hui ma sérénité est totale ».

Ce livre, de lecture facile malgré la profondeur de son sujet, éclairé par une belle postface de Rémi Brague, éminent arabisant et spécialiste de l’islam, doit être lu et largement diffusé pour mieux savoir ce qui nous menace et ce qu’il nous faut faire.

Ce qui nous menace, ce qu’il faut faire

Ce qui nous menace, c’est la voie salafiste, « qui signifie étymologiquement la voie des premiers croyants », définis par le Prophète comme « ceux de ma génération, ensuite ceux qui les suivent et ceux encore qui suivent ces derniers ». Qu’elle soit « quiétiste » ou « djihadiste », elle a pour objectif l’universelle et stricte application de la charia et du djihad pour éliminer les incroyants et soumettre « les gens du Livre (juifs et chrétiens) ». C’est ce que l’Arabie saoudite « continue de proposer à travers le monde grâce à d’énormes moyens financiers ».

Ce qu’il nous faut faire : retrouver nos racines chrétiennes, comme la fierté de notre histoire et de notre civilisation. « La déchristianisation de la France laisse la part belle à l’islam qui s’empare de façon visible de l’espace public… La société, malade spirituellement, en vient à ignorer sa propre histoire… dans une société où croire en Dieu devient démodé… il est facile pour toute personne traversant un vide spirituel intérieur, de s’intéresser davantage à ce qui est visible… car l’islam est une religion ostentatoire ».

L’histoire de Bruno montre aussi qu’il nous faut apprendre à accueillir les musulmans qui se convertissent et subissent de ce fait une forme de mort sociale, familiale et amicale. Citons deux organismes qui y contribuent : Mission Ismérie (https://mission-ismerie.com) et, sur la région parisienne, Ananie (https://www.ananie.org).

Jean-Marie Schmitz

Éditions Nour Al Aalam, 256 pages, 20 €

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