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Notre administrateur Tarik Dali livre à « L’Homme Nouveau » une réponse à J.M. Aphatie

Aphatie, l’Algérie et le national-socialisme
De moins en moins de monde accorde encore le moindre intérêt à ce poncif octogénaire assimilant au nazisme, ou plutôt en toutes lettres au national-socialisme, tout ce qui, de près ou de loin, n’est pas de gauche. Plus rares, en revanche, les propos de l’éditorialiste Jean-Michel Aphatie qui s’est toujours glorifié de n’avoir « jamais voté à droite », affirmant que « les nazis, à Oradour-sur-Glane, ont agi comme les Français durant la colonisation de l’Algérie », sont puisés à la multiple source de l’ignorance, de l’anachronisme et, surtout, de l’esbroufe. Dommage de donner un écho supplémentaire à ce qui ne devrait susciter qu’un haussement d’épaules méprisant, mais utile de remettre les choses en place.
Comme le dit Pierre Vermeren dans Le Figaro du 27 février, « il y a eu des massacres lors de la conquête de l’Algérie. Parmi les plus notoires, les trois épisodes connus sous le nom des “enfumades”, ayant chacun entraîné la mort de plusieurs centaines à plus d’un millier de personnes, ne peuvent pas être mis sur le même plan qu’Oradour sur Glane. Il ne s’agissait pas de populations civiles volontairement anéanties par asphyxie, mais de combattants qui s’étaient réfugiés avec leurs familles dans les grottes du massif de Dahra ». Il n’y eut que trois enfumades parce que, comme le confirme l’historienne Virginie Girod, elles avaient pour but de faire sortir les combattants de leur tanière, pas de s’en prendre à leurs familles qu’ils avaient emmenées avec eux. D’ailleurs, « ces épisodes ont donné lieu à une enquête parlementaire en Algérie, au rappel du Général Bugeaud et à des sanctions ».
Puisque M. Apathie survole les siècles, il aurait pu évoquer les méthodes plus que brutales des colons arabes puis turcs qui ont soumis et islamisé les peuples berbères du nord de l’Afrique, jusqu’à l’arrivée de la France. Peut-être ignore-t-il que ces peuples et ces régions furent longtemps chrétiens et qu’y naquit Saint Augustin.
Essayons de l’instruire un peu. « Je ne mourrai pas pour la patrie algérienne parce que cette patrie n’existe pas. J’ai interrogé l’histoire, j’ai interrogé les vivants et les morts, j’ai visité les cimetières, personne ne m’en a parlé ». Ces propos n’ont pas été tenus par on-ne-sait quel polémiste d’estrèmedrouatte, mais par Ferhat Abbas (1899-1985), militant du FLN puis Président de l’Assemblée constituante algérienne. Le même Ferhat Abbas entretenait une correspondance avec Charles Maurras, qui, à l’image de toute la droite, était opposé à la colonisation. La colonisation a été promue par la gauche, au nom de ses idéaux, « par devoir pour les races supérieures de civiliser les races inférieures ». M. Aphatie doit penser que le jour où Jules Ferry prononçait ces mots à la tribune de la Chambre des députés, il siégeait à l’estrèmedrouatte de l’hémicycle.
Engagée par Charles X quelques jours avant sa chute pour une raison qui ravissait toute l’Europe, pacifier la Méditerranée, la colonisation de l’Algérie fut parfois brutale mais surtout lorsque la gauche en eut la charge. Pacifiée par la France au fil du temps entre 1830 et 1847, l’Algérie fut, durant la Monarchie de Juillet puis le Second Empire, comme l’explique l’africaniste Bernard Lugan dans le dernier numéro de L’Afrique réelle, « dirigée par les militaires respectueux de l’identité, des mœurs et de la religion des populations ». Tout se gâta ensuite car, poursuit Bernard Lugan, « après l’effondrement de l’Empire, Alger passa sous le contrôle d’un avocat, Romuald Vuillermoz, déporté républicain de 1848, auto-désigné Commissaire civil extraordinaire par intérim qui proclama le régime civil (…) Son but était de couler l’Algérie dans le moule jacobin français. Son jacobinisme, le mépris qu’il afficha pour les populations indigènes, son laïcisme qui fit passer ses représentants pour des mécréants aux yeux des musulmans, exercèrent des ravages et provoquèrent un traumatisme que l’Algérie française ne surmonta jamais ».
L’Algérie n’existait pas avant 1830 ; la France l’a inventée, lui a donné ce nom en 1839 et, surtout, a largement sollicité le contribuable français pour en faire le pays qu’il était devenu en 1962 . La France y avait tracé 54 000 km de routes, 4 300 km de voies ferrées, aménagé vingt-sept ports dont cinq accessibles aux paquebots, douze aéroports, construit des centaines d’ouvrages d’art, trente-et-une centrales électriques, des centaines d’usines, des milliers d’écoles, de lycées, d’universités, de centres de formation, plus de cent hôpitaux. Sur tout ce territoire, la scolarisation des enfants avait été développée, même dans le bled, grâce à l’œuvre des SAS, les Sections administratives spéciales. En guise d’inspiration des SS d’Oradour-sur-Glane, ou de crime contre l’humanité, ce pays de moins d’un million d’habitants en 1830, en comptait plus de dix en 1962.
Cependant, si M. Aphatie veut à tout prix un lien entre le national-socialisme et l’Algérie française, en voici un qui lui démontrera la magnanimité et la générosité infinies de la France : un certain Saïd Mohameddi, né en 1912 en Kabylie, mourut tranquillement en 1994… à la Pitié-Salpétrière à Paris où il avait été admis bien qu’il eût commandé la Wilaya III, où il organisa le massacre de Melouza contre le Mouvement national algérien de Messali Hadj, avant d’être nommé chef d’état major de l’Armée de libération nationale. Mais avant cette brillante carrière au FLN, il fut lieutenant dans la Wehrmacht, membre du Sonderkommando Wimmer, dépendant directement de Reinhard Heydrich, et envoyé en Algérie pour y fomenter un mouvement nationaliste. Condamné à mort pour cela en 1944 à Constantine, il fut libéré dès 1952 par une France toujours impitoyable, ce qui lui permit d’entreprendre contre elle une nouvelle vie. Ultime précision, il était décoré de la Croix de fer de première classe !
Tarick Dali
Administrateur du Secours de France

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